Le marché immobilier français en 2026 affiche des signaux contradictoires selon qu’on observe les volumes de transactions, les prix au mètre carré ou les conditions de crédit. La reprise par rapport au point bas de 780 000 ventes en 2024 est nette, mais le niveau reste loin du million franchi en 2021. Comprendre ces écarts suppose de croiser plusieurs indicateurs plutôt que de se fier à un seul baromètre.
Volumes de ventes et offre disponible : ancien contre neuf en 2026
L’écart entre le marché de l’ancien et celui du neuf reste l’un des angles les moins commentés, alors qu’il conditionne directement les choix des acquéreurs. L’Observatoire Interkab signale au deuxième trimestre 2026 une progression de l’offre de logements disponibles à la vente et une hausse des compromis signés par rapport au trimestre précédent.
Cette dynamique ne se retrouve pas à l’identique dans le neuf. La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) suit la promotion privée sur plus d’un demi-million de transactions, et les données trimestrielles montrent que l’offre de logements neufs et les mises en vente restent sous tension.
| Indicateur | Ancien | Neuf |
|---|---|---|
| Volume de transactions (tendance 2026) | Reprise progressive | Construction encore en retrait après deux ans de crise |
| Offre disponible (T2 2026) | En reconstitution (source : Interkab) | Sous tension, mises en vente limitées |
| Compromis signés (T2 2026) | En hausse par rapport au T1 2026 | Reprise légère selon la FPI |
| Prix | Stabilisation globale | Maintien de prix élevés lié à la rareté de l’offre |
La hausse des volumes dans l’ancien masque une situation bien différente dans le logement neuf. Pour les acheteurs qui hésitent entre les deux segments, les données disponibles sur le site Monde Immobilier pour l’immobilier permettent de comparer les prix et les biens par localisation.

Crédit immobilier et taux d’emprunt : le frein qui persiste
La reprise des volumes ne signifie pas que l’accès au crédit s’est normalisé. Les taux d’emprunt, après avoir fortement augmenté entre 2022 et 2024, se stabilisent en 2026 à un niveau qui reste supérieur à celui de la décennie précédente. Ce palier suffit à exclure une partie des ménages primo-accédants.
En revanche, les acquéreurs disposant d’un apport personnel conséquent profitent d’un marché où les vendeurs acceptent davantage de négocier. Le pouvoir de négociation des acheteurs solvables s’est renforcé depuis le creux de 2024, notamment sur les biens mal positionnés en prix ou classés en passoire thermique.
Profil des emprunteurs qui obtiennent un crédit
- Apport personnel représentant au moins 10 à 15 % du prix du bien, condition quasi systématique pour les banques en 2026
- Taux d’endettement strictement limité à 35 % des revenus nets, norme HCSF toujours en vigueur
- Durée d’emprunt majoritairement plafonnée à 25 ans, avec une préférence marquée des établissements pour des durées plus courtes
Ce contexte de crédit contraint explique en partie pourquoi le marché repart sans retrouver les niveaux d’avant 2022. Les projets immobiliers se concrétisent plus lentement, avec des délais de vente qui restent allongés sur les biens dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) est défavorable.
Rénovation énergétique et fiscalité locative : deux réformes qui redessinent le marché
Deux évolutions réglementaires récentes modifient les calculs des propriétaires bailleurs. La première concerne la rénovation énergétique. L’arrêté du 17 août 2026, publié au Journal officiel le 23 août, réserve désormais la prime CEE « rénovation d’ampleur » aux logements classés E, F ou G avant travaux. Dans certains cas, l’installation ou le maintien d’équipements utilisant des combustibles fossiles est exclu du dispositif.
La date d’engagement retenue est celle de l’acceptation du devis, ce qui impose aux propriétaires de planifier leurs travaux en amont pour bénéficier du financement.
MaPrimeRénov’ et travaux par geste : ce qui change en septembre 2026
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 ferme, à compter du 1er septembre 2026, le financement par geste pour plusieurs catégories de travaux. Les propriétaires qui prévoyaient de rénover leur bien pièce par pièce doivent revoir leur stratégie : seules les rénovations globales restent éligibles au financement pour les logements les moins performants.
La seconde réforme touche la fiscalité de la location meublée. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de raboter les avantages fiscaux du statut de loueur meublé non professionnel (LMNP), avec un plafonnement de l’amortissement et une économie budgétaire estimée à 200 millions d’euros par le gouvernement. L’objectif affiché est de réduire les déséquilibres entre location nue et location meublée.

- Prime CEE rénovation d’ampleur réservée aux logements E, F ou G (arrêté du 17 août 2026)
- Fin du financement MaPrimeRénov’ par geste au 1er septembre 2026 (décret n° 2026-822)
- PLF 2027 : plafonnement de l’amortissement LMNP, gel des APL, rabotage des avantages de la location meublée
Encadrement des loyers et budget 2027 : les arbitrages à surveiller
Côté budget 2027, le logement apparaît relativement préservé, mais les APL sont gelées. Pour les propriétaires comme pour les locataires, la combinaison d’un encadrement des loyers étendu à de nouvelles communes et d’une fiscalité locative durcie redéfinit l’équation de rentabilité.
Le marché immobilier en 2026 se caractérise par un retour progressif des acheteurs et des vendeurs, sans pour autant retrouver la fluidité d’avant la hausse des taux. Les réformes de septembre 2026 sur la rénovation énergétique et les ajustements fiscaux du PLF 2027 constituent les deux variables qui pèseront le plus sur les décisions d’achat, de vente ou de mise en location dans les mois à venir.



