C’est décidé, les organisations CGT, Sud, CFDT, FO et CFTC de La Poste ont décidé d’appeler les salariés à la grève pour le 24 novembre, rejoignant ainsi plusieurs catégories de travailleurs du service public, dont les enseignants. Il y a fort à parier que cette initiative fasse boule de neige et entraîne dans son sillage d’autres salariés prêts à en découdre avec un pouvoir tout acquis aux revendications du patronat.
La convergence des luttes est possible, mais elle reste plus que jamais un combat à mener, plus, un combat politique de premier plan. Car force est de constater que le communiqué des centrales syndicales de La Poste reste tiède à la fois sur le contenu des revendications et sur les suites du mouvement. Celui-ci ne donne pour le moment comme motivation à la grève que « l’opposition résolue à la privatisation » (et non au projet de loi dans son ensemble, notamment en ce qui concerne l’application de la directive européenne sur la libéralisation des services postaux) et l’« ouverture de négociations à tous les niveaux pour assurer l’avenir de La Poste et le financement de son développement, de l’emploi, du maintien et de l’amélioration des garanties pour tous ». La grève, n’ayant pour finalité que « l’ouverture de négociation », on a vu plus offensif !
Reste que plus que jamais, postiers et usagers ont la possibilité d’élever d’un cran le niveau de lutte contre cette nouvelle attaque du service public. Des convergences d’intérêt évidentes avec les agents des autres services publics (SNCF, RATP, France Telecom, EDF et GDF…), comme avec les autres luttes sociales peuvent et doivent déboucher sur une véritable convergence de lutte.
Dans cette volonté de liquidation d’une entreprise publique d’intérêt universel, l’UE se trouve encore un fois en première ligne comme support idéologique et politique de premier plan. Nous renvoyons en cela à notre précédent article « Le traité de Maastricht en acte : la casse de La Poste et de France Telecom » :
http://www.ideologie-europeenne.fr/...
Enfin, nous mettons aussi en lien les deux déclarations sur les services postaux adoptées par la Confédération Européenne des Syndicats. La tentative de relégitimation du cadre européen (avec la revendication d’un marché intérieur unique des services postaux) et l’acceptation des politiques de libéralisations y sont clairement énoncées. On peut notamment y lire que : « La CES considère qu’il est impératif d’identifier et de mettre en place des mesures de financement du service postal universel vraiment efficaces, avant de procéder à une libéralisation totale du secteur postal. »
Leur lecture sera salutaire à ceux qui douteraient encore des orientations profondément libérales de cette organisation.