NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.



L’UE au Moyen-Orient

samedi 1er mars 2008, par Collectif

Depuis le début des années 2000, on voit l’UE prendre de l’assurance. Elle tend désormais à prendre toute sa place dans le processus de redécoupage du « Grand Moyen Orient » si cher à la Maison Blanche. Nous avons vu que les vingt pays européens présents dans l’OTAN se trouvaient de fait engagés dans l’occupation de l’Afghanistan. Quelques années plus tard, c’est 15 pays sur 27 qui partirent le fusil en bandoulière en Irak. Ceci n’empêchera pas certains de continuer à appeler à la création d’une « véritable diplomatie européenne » afin que les États membres ne parlent plus que d’une seule voix et d’éviter que ne se renouvelle la « cacophonie » qui eut lieu en 2003. Mieux vaut une stupidité dite en cœur que la défense de la paix, drôle de doctrine...

Pendant ce temps-là, la position européenne officielle fut plus qu’ahurissante concernant le conflit israélo-palestinien. Fin 2005, de concert avec les Etats-Unis, elle impose à l’autorité palestinienne des élections anticipées. Le Hamas les ayant remportées, après un scrutin reconnu par tous comme parfaitement démocratique, y compris par elle-même, l’Union européenne décide en mars 2006 de geler son aide financière. Encore une fois, pour Bruxelles, le peuple a mal voté, il faut donc punir la population. Dans le même temps, sans que cela ne dérange en rien qui que ce soit, Israël bloquait illégalement les taxes et droits de douane devant revenir aux Palestiniens, étouffant ainsi totalement population et gouvernement. La partialité des autorités dans ces événements est tout à fait déconcertante. À l’heure actuelle, 11 000 prisonniers palestiniens dont 45 ministres et députés sont actuellement sous les verrous et sans procès pour raison politique, sans pour autant émouvoir les technocrates européens. À l’inverse l’UE aura la position la plus complaisante possible lorsque, le 28 juin 2006, pour la capture d’un seul soldat israélien par un commando palestinien, l’armée débutera l’opération « Pluie d’été ». Cette dernière consista dans des bombardements massifs sur la Bande de Gaza [1] et par des incursions terrestres de grande ampleur provoquant des dégâts catastrophiques pour une population déjà réduite à la misère et confinée dans un espace d’à peine quarante kilomètres sur dix. De même, lorsque, dix-huit jours plus tard, l’armée débuta la guerre meurtrière au sud-Liban, on verra, dans le meilleur des cas, les gouvernements des 27 renvoyer dos à dos les deux États (position tout à fait cynique quand on connaît la disproportion des forces en présence). Un certain nombre d’autres gouvernements iront même jusqu’à dire qu’ « Israël a le droit de se défendre » et donc de détruire la moitié du pays. De son côté, la diplomatie européenne, par la bouche de Javier Solana, ne mettra en cause que le seul Hezbollah. Les différents traités européens ont beau faire explicitement référence au cadre des Nation-Unies, il est tout à fait secondaire aux yeux des différentes instances qu’Israël viole délibérément toutes les résolutions votées par le Conseil de sécurité [2].

La même partialité manifeste est reproduite dans le « dossier iranien » au sujet duquel Bernard Kouchner semble enthousiaste à l’idée d’une intervention militaire. Sur ce point, notons qu’avant de faire accepter à l’Iran de suivre le traité de non-prolifération nucléaire, il serait peut-être bon que les États occidentaux l’appliquent eux-mêmes. Or, le seul pays actuellement en possession de la bombe dans la région se trouve être l’État Hébreu qui s’est d’ailleurs déclaré prêt à l’utiliser contre la République Islamique d’Iran. Bien sûr, Bruxelles n’a pas protesté : à ses yeux, les Israéliens sont des occidentaux, ils sont donc bien plus responsables que les peuples alentours.

Notes

[1] Détruisant entre autres la principale centrale électrique du pays.

[2] Le journal Libération révélait, dans le même ordre d’idée, le 19 juin 2007, que : « En 2005 déjà,[...] l’Association britannique des professeurs d’université, avait voté la mise en quarantaine des universités de Haïfa et Bar-Ilan (Tel-Aviv) avant de faire marche arrière sous pression européenne et américaine un mois après ».

Citer

Pour citer cet article, merci d'utiliser ces indications:
Collectif, L’UE au Moyen-Orient, L’idéologie européenne (http://www.ideologie-europeenne.fr)
http://www.ideologie-europeenne.fr/L-UE-au-Moyen-Orient.html

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