8 millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté fixé à 280 euros mensuels. Le système de protection sociale espagnol est très limité, héritage de la période franquiste. Aujourd’hui, un RMI de 300 euros (56 % du Smic) n’est touché que par 200 000 personnes et 50 % des chômeurs sont privés de toute allocation, lesquelles allocations ont diminué ces dernières années. [2] 32,2 % des travailleurs espagnols ont un contrat à durée déterminée. [3]
Dans ce pays, la lutte de classes doit aussi se mener pour le simple droit à la liberté d’expression. La persécution des partisans du Non a atteint un niveau incompatible avec les exigences d’une démocratie. Réquisitions de pancartes, appelant à voter Non au référendum, de Jeunes Communistes. Amendes pour ceux qui posaient ces pancartes sur des affiches publicitaires. Interdiction de diffusion de tract à Séville au prétexte que le ministère des Affaires Etrangères tenait une conférence dans la ville au même lieu, ou encore dans les gares de la RENFE [4] et aux abords des métros sans aucun motif. Manifestations interdites à Barcelone contre la Constitution Européenne. Pire : à Alcorcón des inconnus ont incendié le local de l’Association Civique pour les Droits Sociaux, centre d’activités et de réunion de la Plateforme pour le Non. La nouvelle fut passée sous silence par les grands médias de communication, tous acquis au Oui. [5]
De toute façon, l’Espagne n’avait utilisé qu’un référendum de consultation, les Cortès se réservant le droit de ratifier le traité.