NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.



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Espagne, les souvenirs du franquisme au service de l’Union

samedi 1er mars 2008, par Collectif

Attardons-nous sur un pays érigé en modèle par Bruxelles, depuis les résultats du référendum. Et comprendre sur quoi ces résultats reposent. Depuis l’abandon des sanctions contre Franco par les pays européens en 1950, et l’accord militaire américano-espagnol qui prévoyait un pacte de coopération avec l’Europe [1], le moins que l’on puisse dire est que l’Union européenne n’a pas vraiment fait preuve de fermeté vis-à-vis du franquisme. Désormais, dans ce pays qui, rappelons-le, n’a pas fait de révolution au contraire du Portugal, ni voulu régler ses comptes avec son passé, des restes de franquisme perdurent. On pense bien sûr aux anciens ministres de Franco actuellement dans le parti d’Aznar, l’un d’eux étant resté président de la région Galice jusqu’en 2005, aux statues « du général » qui trône encore à divers endroits du pays.

8 millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté fixé à 280 euros mensuels. Le système de protection sociale espagnol est très limité, héritage de la période franquiste. Aujourd’hui, un RMI de 300 euros (56 % du Smic) n’est touché que par 200 000 personnes et 50 % des chômeurs sont privés de toute allocation, lesquelles allocations ont diminué ces dernières années. [2] 32,2 % des travailleurs espagnols ont un contrat à durée déterminée. [3]

Dans ce pays, la lutte de classes doit aussi se mener pour le simple droit à la liberté d’expression. La persécution des partisans du Non a atteint un niveau incompatible avec les exigences d’une démocratie. Réquisitions de pancartes, appelant à voter Non au référendum, de Jeunes Communistes. Amendes pour ceux qui posaient ces pancartes sur des affiches publicitaires. Interdiction de diffusion de tract à Séville au prétexte que le ministère des Affaires Etrangères tenait une conférence dans la ville au même lieu, ou encore dans les gares de la RENFE [4] et aux abords des métros sans aucun motif. Manifestations interdites à Barcelone contre la Constitution Européenne. Pire : à Alcorcón des inconnus ont incendié le local de l’Association Civique pour les Droits Sociaux, centre d’activités et de réunion de la Plateforme pour le Non. La nouvelle fut passée sous silence par les grands médias de communication, tous acquis au Oui. [5]

De toute façon, l’Espagne n’avait utilisé qu’un référendum de consultation, les Cortès se réservant le droit de ratifier le traité.

Notes

[1] L. Castellina, Cinquant’anni d’Europa, Utet, Turin 2007, p. 192

[2] http://euromarches.org/francais/04/...

[3] Liberazione, 7 avril 2007

[4] Société nationale d’exploitation des chemins de fer espagnols

[5] Infos recueillies sur le site du PCE Madrid. http://www.profesionalespcm.org/_ph...

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Pour citer cet article, merci d'utiliser ces indications:
Collectif, Espagne, les souvenirs du franquisme au service de l’Union, L’idéologie européenne (http://www.ideologie-europeenne.fr)
http://www.ideologie-europeenne.fr/Espagne-les-souvenirs-du.html

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