En effet, les gouvernements des pays concernés tentent de tirer profit de cette compétition. La puissance européenne peut même se payer le luxe d’une image positive car les gouvernements des États de la région « voient dans l’UE, dans ses institutions quelque peu idéalisées, quelque chose qui, leur semble-t-il, est supérieur au ‘modèle’ purement mercantile de l’ALENA. D’une part parce que l’UE n’est pas un simple accord de libre-échange. D’autre part, parce que les fonds structurels ont aidé au développement des régions les plus pauvres en Europe » [1].
Dans les faits, il est pourtant facile de montrer la contradiction qu’entretient l’UE entre son discours officiel et la réalité de ses interventions en matière de pénétration des marchés extérieurs et de promotion des réformes structurelles dans les pays du sud. Ainsi, concernant les rapports entre l’UE et le Mexique :
Mettant en cause implicitement les conceptions états-uniennes, l’UE souligne que sa politique extérieure a toujours été marquée par une dimension sociale importante, par exemple en facilitant l’accès universel aux services sociaux de base dans les pays en développement. Mais là aussi, le discours et la pratique sont très éloignés. En 1993, le système de distribution d’eau de la capitale du Mexique fut divisé en 4 zones administratives. Suez et Vivendi prirent le contrôle de deux d’entre elles, deux compagnies britanniques s’emparèrent des autres. Outre l’augmentation injustifiée des tarifs, la privatisation de la distribution d’eau a eu de sérieuses conséquences. Les résidents qui ne pouvaient suivre l’augmentation des tarifs furent privés d’eau. En 2001, par exemple, Vivendi augmenta les prix à Mexico de 60 % ! L’infrastructure et les égouts sont mal entretenus car les grandes firmes n’investissent pas suffisamment contrairement à leurs promesses. [2]