NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 4 octobre 2009.
Tous les moyens réunis de l’UE, du patronat européen et leurs alliés sont parvenus à déplacer 462.000 voix.
Le plus détonnant mélange d’organisations et de particuliers semble voir le jour afin de pousser le Peuple Irlandais à voter pour le Traité de Lisbonne. Pour les lecteurs qui pourraient l’ignorer, le Traité de Lisbonne est la nouvelle version de la Constitution Européenne rejetée par les peuples Français et Néerlandais en 2005. Bien que rejetée par les peuples, la constitution de Valéry Giscard d’Estaing n’a pas disparu. En fait, elle a été reformulée à Lisbonne en Décembre 2007 et a ensuite été proposée au vote dans les parlements respectifs de plusieurs états membres de l’UE.
Article publié dans le bimestriel Le Sarkophage de mai-juin 2009, par Benjamin LANDAIS, Aymeric MONVILLE et Pierre YAGHLEKDJIAN.
Le peuple irlandais, le seul de l’Union Européenne à avoir été consulté, a rejeté le Traité de Lisbonne à presque 54% des suffrages exprimés (avec une participation tournant autour de 50% des électeurs, soit 15 points de plus que lors du référendum de 2001).
« L’Europe est en panne ! L’Europe est en crise ! Maintenant, toute l’Europe pointe la France du doigt ! » Voici en substance le contenu de tous les propos tenus depuis un certain 29 mai 2005 par la faune des européistes de tous bords et de tous horizons qu’ils soient journalistes, politologues, politiciens, grands patrons ou petits bureaucrates, ou tous simplement citoyens dits « lambda » – mais soigneusement choisis grâce au zèle des spécialistes de l’opinion (joli mot pour remplacer idéologie). Aujourd’hui, les discours ont certes un peu évolué depuis la mise sur les rails du fameux « traité simplifié », mais l’esprit n’en demeure pas moins.
Les Pays-Bas ne sont pas la France. À l’inverse de cette dernière, il s’agit d’un pays dont les gouvernements ont toujours approuvé le fédéralisme. Du Benelux et du projet de La Haye des Etats-Unis d’Europe (mai 1948), jusqu’aux sommets de Maastricht et d’Amsterdam, où les Pays-Bas ont porté par leurs présidences tous les projets européens ou presque sur les fonts baptismaux. Rien ne prédisposait donc ce peuple à en suivre un second, qui lui, montre bien plus de résistance que tous ses autres voisins à s’intégrer à la supranationalité depuis plus de 50 ans.
On parle beaucoup du « tigre celte ». Or le taux d’analphabétisme dans ce pays est accablant. 22,6 % des Irlandais ont été identifiés comme analphabètes. (...) Ce chiffre honteux peut être lié à un autre : 19,4 % de la population est au seuil de la pauvreté. Ces paramètres sont invariablement liés. [1]