NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 28 juillet 2009.
L’expression, au-delà de son sens littéral : « les affaires, comme d’habitude », traduit habituellement un scénario futur marqué par le maintien des (mêmes) conditions qui déterminent la situation présente.
On la retrouve à propos de la crise du capitalisme et de la manière dont le capital et ses représentants, devant les conséquences dramatiques de la crise pour les peuples, se place de manière à s’assurer que, dans le fond, ils pourront continuer sur la voie des politiques qu’ils ont mis en œuvre jusque-là.
Dans la vie quotidienne des Français, le passage à l’euro s’est d’abord manifesté par des hausses sensibles dans les prix à la consommation. Par contre, force est de constater que la monnaie unique a tenu toutes ses promesses à un autre niveau. Les tenants de l’orthodoxie monétaire et les marchés financiers avaient de quoi être réjouis.
La belle discipline monétaire, construite années après années en Europe avec le soutien des institutions de la Communauté et des gouvernements nationaux, convertis les uns après les autres au libéralisme économique dans les années 1970-80, doit être saluée comme il se doit : en 1990, un espace économique européen dominé par l’industrie et le crédit ouest-allemand et soumis à une politique monétaire défavorable à la croissance et à l’emploi fonctionne à plein régime. La mise en place de l’euro et de la Banque Centrale Européenne à la fin des années 1990 couronne donc un processus qui voit la victoire des principes économiques ultra-libéraux et, derrière eux, du capital cosmopolite circulant sans entrave sur les marchés d’actions et les marchés monétaires du monde entier.
Considéré comme « le meilleur élève de la classe », dans ce style inimitable des fonctionnaires de Bruxelles, c’est au Portugal que fut définie la stratégie de Lisbonne. L’Europe a fortement contribué à la destruction des conquêtes sociales et économiques de la révolution des œillets : démantèlement de l’outil industriel d’Etat et privatisation des secteurs stratégiques de l’économie nationale. Tout cela sous prétexte de suivre les orientations communautaires qui promeuvent le primat de la concurrence et la fin des monopoles publics. Le pays y fut confronté sans débat et sans consultation du peuple portugais. Le taux d’achèvement des études a même diminué dans ce pays depuis le lancement de la stratégie de Lisbonne [1], un comble pour cette feuille de route qui prétendait faire de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ».