NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 27 mars 2009.
Depuis maintenant des années, la bande de Gaza subit, avec le soutien complice de l’Union Européenne un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales.
La première zone sur laquelle l’Union Européenne tenta de s’imposer comme puissance dominante fut les Balkans. L’ex-Yougoslavie, depuis longtemps sous les vues de l’Allemagne de Bonn, va, au cours des années 90, être considérée comme une sorte de chasse gardée. Situation comparable aux relations que les Etats-Unis entretiennent avec l’Amérique du Sud.
Les capacités d’intervention militaire des États-membres de l’Union Européenne tout comme la mise en place d’une éventuelle « armée européenne » sont étroitement liées à la tutelle, forcément bienveillante, de l’oncle Sam. Toutefois, l’UE ne peut être tout à fait réduite, surtout depuis une vingtaine d’années, à un simple relais régional de la puissance états-unienne. L’allure de plus en plus fédérale et supranationale des édifices juridiques européens adoptés depuis l’Acte Unique de 1986 ainsi que la multiplication des interventions de l’UE dans le champ diplomatique international extra-européen dessinent les contours d’une politique étrangère commune en gestation. Sans aller contre les volontés du grand frère américain, l’UE peut se permettre de prendre des initiatives propres. Or c’est justement la direction prise par ces interventions, même modestes, qui nous intéresse. L’UE qui parle d’une seule voix est-elle vraiment cette « puissance douce et compréhensive » qu’on nous présente si souvent ou bien peut-on y déceler les germes d’un « impérialisme communautaire » ?
Le lancement d’une politique communautaire vis-à-vis de ces pays, prenant le relais des politiques néocoloniales des États-membres comme la France, la Belgique, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, peut être daté de la première convention de Lomé signée le 28 février 1975 avec 46 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
En Amérique latine s’opère une compétition acharnée entre l’UE, effrayée devant la perspective de son évincement pur et simple de la région après la réalisation d’une zone de libre-échange des Amériques (ALCA), et les Etats-Unis. Il n’est pas certain que ces derniers soient vainqueurs sur toute la ligne, en tout cas pas partout.
Dans la mondialisation accélérée des échanges, l’Europe apparaît comme un cadre plus adapté pour l’organisation des élites capitalistes. Ceci ne tient pas tant au changement d’échelle que constitue le passage de l’étage national à l’étage continental qu’à l’accès privilégié de cette élite au pouvoir politique situé à ce niveau enfin débarrassé de la très gênante et pourtant très relative immixtion des peuples dans les affaires publiques. Entre technocrates bruxellois et golden boy londoniens, on est du même monde et on parle la même langue, celle du profit maximum. Les premiers s’efforcent de liquider les obstacles que rencontrent les seconds dans sa réalisation. Une répartition des rôles qui a fait ses preuves et qui marche aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La question du déploiement mondial du capitalisme européen forme système avec celle des actions diplomatiques et militaires extérieures de l’UE. Le même impérialisme destructeur est à l’œuvre, défendu et dissimulé par la même panoplie idéologique de l’ « Europe puissance ».
Contrairement à l’intégration des pays de l’Est, les pays du Maghreb se dirigent vers un régime d’association économique avec l’UE baptisé « partenariat ». S’il n’y a pas de perspective d’intégration à court ou moyen terme de ces pays, les raisons ne sont pas culturelles ou géographiques, faisant de ces anciens « États barbaresques » des prétendus étrangers à l’Europe. Il est surtout beaucoup plus profitable pour le capital européen de s’attacher ces trois pays par des accords de « partenariat » que par le lancement d’un processus de négociation en vue de l’adhésion.