NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 30 septembre 2010.
La Confédération européenne des syndicats, la CES, organisait le 29 septembre 2010 une « euro-manifestation » à Bruxelles avec des répliques dans plusieurs autres villes d’Europe. Les principales organisations syndicales françaises y participaient ainsi que des délégations du PS et du PCF.
Le capital et ses gouvernements lancent dans toute l’Europe une nouvelle offensive en pleine crise économique capitaliste. La diminution drastique des salaires et des retraites, la mise en place de nouvelles taxes, le démantèlement progressif des systèmes de Sécurité Sociale et l’attaque contre le Code du travail sont mis en avant dans le cadre de cette offensive. On défend ces mesures en prenant la crise comme prétexte et elles ne sont pas temporaires ; elles sont permanentes et elles ont été décidées il y a des années sur la base des Traités de l’UE, le premier étant le Traité de Maastricht, et de la Stratégie de Lisbonne.
La direction de la CGT est confrontée au problème de la cohérence entre la nécessité de mener la bataille et sa volonté de s’intégrer plus à fond dans la logique européenne. Ainsi, dans son rapport de juillet/août 2007, faisant suite au 11e congrès de la Confédération européenne : « Quelles fondations pour l’Europe sociale », on retrouve les mêmes difficultés. D’autant qu’un nombre important de ses militants apprécient fort peu ces orientations.
Cette « Europe sociale », panacée de la social-démocratie européenne, à quoi ressemble-elle ? Cela, les socialistes se gardent bien de nous le préciser. On peut cependant en imaginer les traits au vu des politiques qu’ils mènent dans la plupart des États membres ou des positions qui sont prises au niveau communautaire. Ainsi, n’est-il pas paradoxal de prétendre que chaque traité apportera dans sa besace l’ « Europe sociale » et de voter chaque nouvel approfondissement des politiques de dérégulation et de régression ?
Ce syndicat n’est pas né de la convergence des luttes au niveau européen mais est une création directe des structures européennes, rassemblant au départ les syndicats nationaux les moins combatifs. Ses permanents bruxellois sont complètement coupés du monde du travail et s’apparente aux eurocrates des institutions voisines. Ses positions s’en ressentent : elle organise des manifestations en faveur du traité de Maastricht, appelle à voter Oui en 2005 et réclame en ce moment la ratification du Traité de Lisbonne. Syndicat du compromis et de la collaboration de classe, l’action de la CES est incompatible avec ce que nous défendons et ce pourquoi nous luttons à tous les niveaux.