NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 18 septembre 2009.
1 – L’approbation par le Parlement Européen de la proposition de reconduire José Manuel Barroso en tant que Président de la Commission Européenne s’inscrit dans la continuité des politiques et orientations communautaires qui ont donné le cap actuel – néo-libéral, fédéraliste et militariste – de l’Union Européenne.
Politiques et orientations qui, il est important de le rappeler, sont à l’origine de la profonde crise économique et sociale qui touche plusieurs Etats-membres de l’Union Européenne, avec des conséquences dévastatrices pour des millions de travailleurs et pour les peuples.
Les commissaires qui terminent en Octobre leur mandat de cinq ans recevront chacun, en moyenne, plus d’un million d’euros en pensions et allocations de « transition » et de « réinsertion », révèle une étude du groupe britannique indépendant Open Europe.
Le Parlement européen nouvellement élu est-il moins anticommuniste que le précédent ? C’est bien peu probable.
Pour autant, l’on ne saurait trop demander aux députés communistes et progressistes de tout entreprendre pour tenter de faire abroger la résolution anticommuniste adoptée par ce Parlement le 2 avril 2009, intitulée « Conscience européenne et totalitarisme ». Alors qu’une vague de propagande anticommuniste s’annonce.
On ne trouve pas aujourd’hui un document important dans l’Union Européenne qui ne fasse pas référence à la « démocratie », à la « liberté », à la « justice » et aux « droits de l’Homme » comme des « valeurs communes » qui unissent ses pays membres. La pratique est, toutefois, bien différente de la propagande.
La dernière décision de la cour constitutionnelle allemande, qu’on peut difficilement soupçonner d’hostilité envers la "construction européenne", devrait confirmer les inquiétudes de tous les citoyens des Etats-membres de l’UE concernant l’exercice réel de la démocratie dans les institutions européennes.
La majorité du Parlement Européen a approuvé, le 2 avril, une résolution qui prétend imposer aux nouvelles générations une vision falsifiée du passé avec l’unique objectif de criminaliser le communisme et aussi de réhabiliter le fascisme.
La défense de l’Europe sociale continue d’être l’argument principal, surtout à gauche, de ceux qui tentent de faire accepter la poursuite de la "construction" européenne. Le Parlement Européen lui-même ne rechigne pas à jouer le rôle de pourfendeur de l’Europe libérale (contre la directive des 65h par exemple), particulièrement à l’approche des échéances électorales. Il est toutefois utile de s’interroger sur la réalité de l’orientation "sociale" de l’édifice juridique sur lequel est censée reposer l’Europe sociale.
Il est impératif de cerner les responsabilités. Si les gouvernements et les parlements nationaux se défaussent sur « l’impératif européen », il est primordial de rappeler que chaque traité, directive ou règlement est cosigné, en Conseil européen, par le gouvernement et le président. Chaque directive fait l’objet d’une « transposition » en droit français qui doit être approuvée par le Parlement. Les institutions de l’UE ont certes un grand poids, mais il serait totalement contreproductif de laisser penser que tant que celles-ci existent, il est impossible de lutter contre leurs politiques. Sur le plan institutionnel, la France conserve d’importantes possibilités de s’opposer à l’hégémonie de l’UE, d’autant plus aujourd’hui avec la mise en échec de la « Constitution » européenne. Lutter contre la casse sociale en œuvre dans le pays reste le meilleur moyen de mettre en échec les directives qui les ont inspirées.
En affirmant que les institutions européennes sont totalement hors de portée des citoyens, il est vrai que nous enfonçons peut-être des portes ouvertes, tellement ceci fut dit et redit pendant le débat précédant le référendum de 2005. Cependant, un observateur averti constatera que c’est certainement plus dans la pratique du « jeu décisionnel » que dans son fonctionnement théorique, que le vice se cache. Celle-ci a permis un contournement permanent de la souveraineté populaire.