NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 22 avril 2009.
Le rapport se présente d’emblée comme un rapport idéologique. L’organisation du territoire que le Comité appel à démolir purement et simplement serait issu de la « passion française de l’égalité ». L’égalité relèverait donc de la « passion » et non de la raison. Celle-ci aurait conduit à l’ « uniformité et à l’émiettement ». La décentralisation initiée depuis les années 1970 a cependant « permis à la France de renouer le fil, trop longtemps distendu, de son histoire institutionnelle ». L’Histoire institutionnelle « naturelle » de la France serait donc celle issue de l’Ancien régime, qui n’aurait connu qu’une interruption conjoncturelle de deux siècles : la République.
Depuis son élection, le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, fait la promotion du projet d’"eurodistrict". Aux contours juridiques et géographiques flous et changeants, cette "nouvelle entité" en construction a de quoi inquiéter les populations des deux bords du Rhin. Le risque d’un recul brutal des droits sociaux et d’une attaque sans précédents des services publics dans une déclinaison locale de la "construction européenne" doit être dénoncé.
Simultanément à l’intégration des États dans l’Europe supranationale, la régionalisation a permis de mener l’offensive contre la souveraineté des nations sur un second front. Poussé par la doctrine de « l’Europe des régions », ce processus prend en France le nom de décentralisation. Pour ses défenseurs, socialistes en tête, l’argumentation consiste à dire que la concentration « à Paris » du pouvoir est une entrave à l’exercice de la démocratie, l’extension du pouvoir des régions devant donc réassocier les citoyens aux décisions. Mais affirmer cela, en ne considérant que le seul changement d’échelle, ne revient-il pas à laisser croire que, – en poussant ce raisonnement jusqu’au bout – si la monarchie avait laissé plus de pouvoir aux seigneurs locaux, la condition des serfs en aurait été meilleure ?
La mise en œuvre de la politique européenne de l’emploi se fait selon le système du workfare [1] :
On a d’abord multiplié les systèmes dits d’aide à l’emploi : le plan Rosetta proposé par un ministre socialiste [2] permet des contrats d’un an pour les jeunes et le plan Activa concerne les chômeurs âgés de longue durée. À la manière des pratiques inaugurées en France avec le CPE/CNE, les patrons ont pu naturellement en profiter pour licencier des salariés en régime normal pour les remplacer par ces emplois moins chers.