NATURE ET FONCTIONNEMENT D'UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.
Dernier ajout : 21 février 2010.
Un rapport élaboré par le président de l’UE indique que Bruxelles a l’intention d’utiliser la crise de la dette en Grèce pour justifier le fait que l’UE dessaisira encore plus les Etats-membres de leur pouvoir économique.
Travailler 65 heures par semaine, c’est désormais possible ! Le conseil européen, qui rassemble les ministres des différents pays de l’Union Européenne, vient d’entériner un accord permettant, sous forme de dérogation pour les pays qui le souhaitent, aux salariés qui accepteraient « librement » de travailler plus de 48 heures hebdomadaires.
L’orientation univoque des politiques sociales de l’Union Européenne n’empêche toujours pas la gauche bien-pensante d’en appeler à l’« Europe Sociale ». L’argument massue est trouvé, il se nomme « Charte des droits fondamentaux ». Pendant la campagne, elle fut louée par tous, même les plus libéraux, à tel point que l’on finissait par croire qu’elle était en elle-même la Constitution.
Dans la nomenclature européenne, la politique sociale a une place relativement atypique, puisque, selon les cas, elle peut faire partie des « compétences partagées » entre l’Union et les États membres (mais dans les faits c’est l’Union qui décide) ou des compétences propres des États. Cependant, en sommet européen, nombreuses sont les initiatives et les orientations qui sont prises en faveur d’une remise en question de nombreux acquis. De plus, Bruxelles ayant à sa charge la politique économique, monétaire et de la concurrence, elle dispose de moyens de pression importants pour que soient approuvées par les gouvernements les réformes structurelles qu’elle appelle de ses vœux.
En Allemagne, c’est le consensus européen qui semble régner, puisque la politique de la Grande coalition (CDU + SPD) s’inscrit complètement dans la stratégie de Lisbonne. Les coupes sombres dans la politique sociale et dans l’enseignement sont avant tout la conséquence de la politique économique et scientifique européenne. La stratégie globale de modération salariale et le train de réformes successives ont profondément modifié le fonctionnement du marché et, sous couvert de contribution au dynamisme des exportations, ont bloqué le marché intérieur, et conduit à une dégradation de la croissance et de l’emploi. Depuis les mesures drastiques définies par l’Union européenne, les salariés ont vu augmenter la précarité, l’exemple type étant l’obligation d’accepter un « Mini-jobs » à un euro de l’heure, sous peine de perdre ses allocations chômages.
Dans le démantèlement de l’Etat social italien, l’Europe a joué un rôle d’aiguillon constant, notamment par rapport au redimensionnement du régime des retraites. Sur ce point, l’Union européenne, à travers les avertissements continus à propos de la prétendue « insoutenabilité » financière du système de retraites, a inspiré une série de mesures et d’accords entre l’Etat et les organisations syndicales et patronales qui, traduites en loi, ont signifié, de 1995, année de la réforme Dini, à aujourd’hui une dégradation des conditions de vie des retraites et un prolongement de la durée du travail, avec des répercussions lourdes au plan social.